
Vous avez déposé votre marque à l'INPI et reçu votre certificat d'enregistrement. Une question légitime se pose : pour combien de temps ce titre vous protège-t-il, et que faut-il faire pour conserver vos droits ? La durée de protection d'une marque française est de dix ans à compter du dépôt, indéfiniment renouvelable. Cette mécanique simple cache plusieurs pièges concrets : un renouvellement oublié, un défaut d'exploitation pendant cinq ans, l'absence de surveillance face à un dépôt concurrent, ou une extension internationale mal calibrée peuvent faire vaciller un actif que vous croyiez acquis.
Cet article expose le cadre juridique applicable et les réflexes à instituer pour sécuriser votre titre dans la durée : renouvellement, usage sérieux, surveillance, opposition, extension à l'étranger. Le cabinet RWM intervient sur chacune de ces étapes.
La règle est posée par l'article L. 712-1 du Code de la propriété intellectuelle : la marque déposée à l'INPI est protégée pendant dix ans à compter de la date de dépôt de la demande, indéfiniment renouvelable par périodes successives de dix ans. Le point de départ est bien la date de dépôt, et non celle de la délivrance du certificat d'enregistrement, qui intervient plusieurs mois plus tard. Concrètement, une marque déposée le 12 mars expire le 12 mars dix ans plus tard à minuit, quelle que soit la date à laquelle l'enregistrement a été publié au Bulletin officiel de la propriété industrielle.
Cette durée de dix ans constitue un standard international. Que vous protégiez votre signe sur le territoire français, à l'échelle de l'Union européenne ou via un enregistrement international, le rythme décennal est identique, seul l'office compétent change.
Enregistrement international, 10 ans renouvelables
Retenez la date de dépôt : c'est elle qui fixe le compte à rebours du premier renouvellement et, par ricochet, de tous les suivants.
L'article L. 712-9 du Code de la propriété intellectuelle ouvre la fenêtre de renouvellement dans les six mois précédant le dernier jour du mois d'expiration, suivie d'un délai de grâce de six mois supplémentaires assorti d'une redevance majorée. La démarche s'effectue en ligne sur le portail de l'INPI. Le coût en vigueur s'établit autour de 290 euros pour une classe de produits ou services, avec un supplément par classe additionnelle. Le texte interdit toute modification du signe et toute extension de la liste des produits ou services : un signe modernisé ou des classes nouvelles imposent un nouveau dépôt, distinct, exposé aux antériorités constituées entre-temps.
L'INPI informe en principe le titulaire de l'échéance, mais l'institut décline toute responsabilité en cas de défaut d'information. La vigilance pèse donc sur le titulaire, qui doit instituer un dispositif d'alerte interne ou confier la surveillance des échéances à un conseil. Le cabinet RWM tient un registre des dates pivots pour les marques qui lui sont confiées et déclenche les renouvellements en amont de la fenêtre légale.
Passé le délai de grâce de six mois, le renouvellement n'est plus recevable : la marque est radiée du registre, les droits exclusifs prévus à l'article L. 713-2 du CPI s'éteignent et le signe redevient disponible. Un tiers peut alors le déposer à son nom, sans que l'ancien titulaire puisse opposer son enregistrement déchu.
Le dépôt ne suffit pas à conserver vos droits dans la durée. L'article L. 714-5 du Code de la propriété intellectuelle énonce qu' "encourt la déchéance de ses droits le titulaire de la marque qui, sans justes motifs, n'en a pas fait un usage sérieux, pour les produits ou services pour lesquels la marque est enregistrée, pendant une période ininterrompue de cinq ans". Le point de départ est fixé au plus tôt à la date d'enregistrement. Tout concurrent, ou plus largement toute personne y ayant intérêt, peut alors solliciter la déchéance devant l'INPI ou devant le juge, et obtenir l'effacement de votre marque pour les produits ou services non exploités.
L'usage sérieux suppose une exploitation publique, sur le marché concerné, pour les produits ou services visés au dépôt. Un usage purement symbolique, interne ou destiné à préserver formellement le droit ne suffit pas. Le texte assimile à un usage sérieux l'exploitation faite avec le consentement du titulaire, l'usage sous une forme modifiée n'altérant pas le caractère distinctif du signe, et l'apposition de la marque sur des produits exclusivement destinés à l'exportation.
La charge de la preuve pèse sur le titulaire. Le cabinet RWM recommande de constituer un dossier d'usage documenté, à actualiser chaque année :
factures de vente datées mentionnant la marque et les produits ou services concernés ;
catalogues, plaquettes commerciales, supports publicitaires, captures du site internet ;
contrats de licence ou de distribution avec leurs justificatifs d'exécution ;
références aux classes effectivement exploitées, classe par classe.
Le droit de marque ne se défend pas tout seul. L'INPI n'examine pas, lors d'un nouveau dépôt, l'existence d'antériorités identiques ou similaires : il appartient au titulaire d'organiser une veille active sur le registre national, le registre de l'EUIPO et les usages commerciaux (réseaux sociaux, places de marché, noms de domaine). Cette surveillance repose sur les services d'alerte officiels des offices et sur les prestataires privés qui croisent dépôts, usages et contrefaçons en ligne. L'enjeu est temporel : la tolérance prolongée d'un usage connu pendant cinq ans peut entraîner la forclusion par tolérance et neutraliser votre action.
Selon la nature de l'atteinte, la riposte diffère. L'article L. 716-4 du Code de la propriété intellectuelle qualifie de contrefaçon toute atteinte aux interdictions posées par les articles L. 713-2 et suivants, et engage la responsabilité civile de son auteur.
Situation | Action recommandée | Délai |
|---|---|---|
Dépôt d'une marque similaire à l'INPI | Opposition devant l'INPI | 2 mois à compter de la publication au BOPI |
Usage non autorisé du signe dans la vie des affaires | Mise en demeure de cesser l'usage | Sans délai, avant la forclusion de 5 ans |
Contrefaçon avérée (produits, site, contenus) | Action en contrefaçon devant le tribunal judiciaire |
Le cabinet RWM intervient à chaque maillon de cette chaîne : paramétrage des alertes, qualification juridique de l'atteinte, opposition INPI, mise en demeure circonstanciée et, si nécessaire, saisie-contrefaçon préalable à l'action judiciaire.
Lorsqu'un tiers dépose une marque identique ou similaire à la vôtre, la procédure d'opposition devant l'INPI constitue la voie privilégiée pour bloquer l'enregistrement avant qu'il ne produise ses effets. Le délai est strict : deux mois à compter de la publication de la demande au Bulletin officiel de la propriété industrielle (BOPI). Passé ce délai, la voie de l'opposition se ferme et seule subsiste l'action en nullité ou en contrefaçon, plus lourde et plus coûteuse.
L'opposition n'est pas réservée aux seuls titulaires de marques antérieures. Peuvent agir :
le titulaire d'une marque française, de l'Union européenne ou internationale désignant la France, antérieure au dépôt contesté ;
le titulaire d'une dénomination sociale, d'un nom commercial ou d'une enseigne notoire dont la portée n'est pas seulement locale ;
le bénéficiaire d'une appellation d'origine, d'une indication géographique protégée ou le licencié exclusif autorisé à agir.
La taxe officielle s'élève à environ 400 euros pour un droit antérieur invoqué. La procédure se déroule en deux temps : une phase d'instruction écrite avec échanges contradictoires entre les parties, puis une décision motivée de l'INPI rendue dans un délai encadré. Le cabinet RWM construit l'argumentaire d'opposition, démontre la similitude des signes et le risque de confusion au sens de l'article L. 713-2 du Code de la propriété intellectuelle, et porte la procédure jusqu'à la décision finale.
L'enregistrement français ne produit ses effets que sur le territoire national. Pour protéger votre signe au-delà de nos frontières, trois voies coexistent, à choisir selon vos marchés actuels et prospectifs. Le délai de priorité de six mois permet, à compter du dépôt français, de revendiquer la date initiale lors de dépôts ultérieurs à l'étranger, neutralisant ainsi les dépôts intermédiaires de tiers.
Voie de protection | Couverture territoriale | Modalités |
|---|---|---|
Dépôt national pays par pays | Un pays par dépôt, choix ciblé | Office local, mandataire requis, taxes cumulées élevées |
Marque de l'Union européenne (EUIPO) | 27 États membres en un seul titre | Dépôt unique auprès de l'EUIPO, taxe officielle à partir de 850 euros pour une classe |
Marque internationale (système de Madrid, OMPI) | Plus de 130 pays désignables à la carte | Dépôt centralisé via l'INPI sur la base de la marque française, taxes modulables selon pays désignés |
La marque de l'Union européenne offre un coût d'entrée maîtrisé mais reste vulnérable au principe d'unité : un motif de refus dans un seul État peut compromettre l'ensemble. Le système de Madrid permet de moduler la couverture et d'ajouter des désignations ultérieures, tout en restant dépendant de la marque française de base pendant cinq ans. Le cabinet RWM structure le périmètre géographique en fonction de votre stratégie commerciale et coordonne les dépôts avec les correspondants locaux.
La protection d'une marque ne s'acquiert jamais définitivement. Elle repose sur un équilibre permanent entre quatre exigences cumulatives, dont la défaillance d'une seule suffit à fragiliser, voire à anéantir, le titre obtenu auprès de l'INPI ou des offices étrangers.
Renouvellement décennal : déposer la demande dans les délais réglementaires, sans modifier le signe ni étendre la liste des produits et services, sous peine de devoir procéder à un nouveau dépôt.
Exploitation sérieuse : faire un usage réel et constant de la marque pour les produits et services désignés, afin d'écarter le risque de déchéance après cinq années d'inaction.
Surveillance active : détecter en amont les dépôts et usages susceptibles de créer un risque de confusion, pour réagir dans les délais d'opposition ou par voie d'action en contrefaçon.
Périmètre territorial cohérent : ajuster la couverture géographique au déploiement commercial réel, en combinant marque française, marque de l'Union européenne et système de Madrid.
Aucune de ces exigences ne se gère utilement de manière isolée. Le calendrier de renouvellement doit être articulé avec les preuves d'usage, lesquelles conditionnent la résistance du titre face à une action en déchéance ou à une demande reconventionnelle dans un contentieux en contrefaçon. Le cabinet RWM structure ce dispositif global, instituant une veille juridique continue et coordonnant chaque étape, du dépôt initial aux actions contentieuses, pour préserver la valeur patrimoniale de votre marque sur la durée.
L'enregistrement produit ses effets pour une période de dix ans, conformément à l'article L. 712-1 du Code de la propriété intellectuelle. Passée l'échéance, un délai de grâce de six mois permet encore de procéder au renouvellement, moyennant une surtaxe. Au-delà, la marque tombe dans le domaine public et un tiers peut déposer un signe identique. Récupérer le signe suppose alors un nouveau dépôt, sans garantie d'antériorité.
L'article L. 714-5 du Code de la propriété intellectuelle exige un usage réel pour les produits et services désignés. Les preuves admises sont les factures datées mentionnant le signe, les catalogues, emballages, captures de sites marchands, campagnes publicitaires, articles de presse et chiffres de vente. Le cabinet RWM recommande de constituer un dossier d'usage horodaté dès le dépôt, segmenté par classe, afin de couvrir chaque produit ou service revendiqué.
Non. Le principe de territorialité limite la protection au territoire de l'office d'enregistrement. Une marque française couvre uniquement la France. Pour étendre la protection, vous devez déposer une marque de l'Union européenne auprès de l'EUIPO, ou désigner d'autres États via le système de Madrid administré par l'OMPI. Le choix dépend de votre déploiement commercial réel et conditionne la résistance du titre face aux antériorités locales.
Vous disposez de deux mois à compter de la publication de la demande pour former opposition devant l'INPI, sur le fondement de votre marque antérieure. Au-delà de ce délai, l'action en nullité ou en contrefaçon devant le tribunal judiciaire reste ouverte, sur le fondement de l'article L. 716-4 du Code de la propriété intellectuelle. Le cabinet RWM analyse le risque de confusion et engage la voie procédurale adaptée.
Vous exposez votre projet. À l'issue, vous saurez si l'une des quatre offres est adaptée, ou si nous devons vous orienter ailleurs. FR ou EN, Paris ou New York, confidentiel.