
Pour une start-up, attirer un développeur senior ou un directeur commercial sans pouvoir s'aligner sur les salaires des grands groupes passe souvent par une promesse : une part de la valeur créée. Les BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d'entreprise) sont l'outil français conçu pour cela. Ils permettent aux salariés et dirigeants de souscrire des actions à un prix fixé à l'avance, avec une fiscalité avantageuse.
Le régime a été profondément remanié par la loi de finances pour 2025, puis élargi par celle pour 2026. Ce guide fait le point sur les conditions, la fixation du prix, la fiscalité et les clauses du plan, avec les points sur lesquels Romain Waiss-Moreau intervient.
Les conditions sont fixées par l'article 163 bis G du Code général des impôts. La société émettrice doit cumulativement :
Les BSPCE peuvent être attribués aux salariés, aux dirigeants soumis au régime fiscal des salariés et aux membres du conseil d'administration ou de surveillance, ou de tout organe statutaire équivalent en SAS. Depuis 2026, ils peuvent aussi bénéficier aux équipes des filiales et des sous-filiales détenues à 75 % au moins. Les consultants, conseillers et freelances en sont exclus : pour eux, on utilise des BSA.
Le prix d'exercice est fixé au jour de l'attribution. S'il y a eu une augmentation de capital dans les six mois précédents, il doit en principe être au moins égal au prix de cette opération. La loi admet toutefois une décote reflétant la différence de droits entre les actions ordinaires des bénéficiaires et les actions de préférence souscrites par les investisseurs. Cette décote doit être justifiée par une évaluation sérieuse.
Pour les titres souscrits par exercice de BSPCE depuis le 1er janvier 2025, deux gains sont distingués.
| Gain | Calcul | Imposition |
|---|---|---|
| Gain d'exercice | Valeur de l'action à l'exercice moins prix d'exercice | 12,8 % si le bénéficiaire exerce depuis au moins trois ans dans la société, 30 % sinon, plus prélèvements sociaux, lors de la cession |
| Plus-value de cession | Prix de cession moins valeur de l'action à l'exercice | Régime des plus-values mobilières |
Depuis 2026, l'ancienneté de trois ans s'apprécie en cumulant les périodes passées dans la société émettrice, ses filiales et sous-filiales. Les titres issus de BSPCE ne peuvent plus être inscrits sur un PEA. L'absence de charges sociales patronales sur l'attribution reste un avantage décisif par rapport aux autres instruments.
Romain Waiss-Moreau rédige le plan et la décision d'émission de manière cohérente avec le pacte et les droits des investisseurs.
Une salariée reçoit 10 000 BSPCE avec un prix d'exercice de 2 euros. Elle les exerce lorsque l'action vaut 8 euros, après quatre ans dans la société, puis cède ses actions à 12 euros lors du rachat de la société.
| Étape | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Prix d'exercice payé | 10 000 × 2 € | 20 000 € |
| Gain d'exercice | 10 000 × (8 € − 2 €) | 60 000 € |
| Plus-value de cession | 10 000 × (12 € − 8 €) | 40 000 € |
| Gain total avant impôt | 100 000 € |
Le gain d'exercice de 60 000 euros est imposé à 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu, puisque la salariée a plus de trois ans d'ancienneté, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux. La plus-value de 40 000 euros relève du régime des plus-values mobilières. Si elle avait exercé avant trois ans d'ancienneté, le taux applicable au gain d'exercice aurait été de 30 %.
Après sa série B, une start-up constate que les personnes physiques ne détiennent plus que 12 % de son capital, sous le seuil de 15 %. Elle ne peut plus attribuer de nouveaux BSPCE. Les bons déjà attribués conservent leur régime, mais les recrutements à venir doivent passer par d'autres instruments, actions gratuites ou stock-options, moins avantageux pour l'employeur. Le cabinet recommande d'anticiper ce seuil avant chaque tour, en attribuant le pool nécessaire tant que la société reste éligible.
Non. Ils sont incessibles et ne peuvent être exercés que par leur bénéficiaire, sauf transmission aux héritiers en cas de décès dans un délai de six mois.
L'assemblée des associés autorise l'émission et peut déléguer au président ou au conseil le soin de désigner les bénéficiaires et le nombre de bons, dans un délai de dix-huit mois.
Les conditions s'apprécient à la date d'attribution. Une perte ultérieure d'éligibilité n'affecte pas les bons déjà attribués, mais interdit toute nouvelle attribution.
Non. Ni l'attribution ni l'exercice des BSPCE ne donnent lieu à des cotisations sociales patronales, ce qui constitue leur principal avantage par rapport aux stock-options et aux actions gratuites.
Vous exposez votre projet. À l'issue, vous saurez si l'une des quatre offres est adaptée, ou si nous devons vous orienter ailleurs. FR ou EN, Paris ou New York, confidentiel.