
La société a besoin de trésorerie pour quelques mois, la banque tarde, et une augmentation de capital paraît disproportionnée. La solution la plus rapide consiste souvent pour l'associé à prêter de l'argent à sa société via un compte courant d'associé. Simple en apparence, l'opération soulève pourtant des questions de remboursement, de rémunération, de fiscalité et de rang en cas de difficultés.
Ce guide explique le fonctionnement du compte courant, les clauses de la convention et les règles fiscales, avec les points sur lesquels Romain Waiss-Moreau sécurise l'opération pour l'associé comme pour la société.
Le compte courant d'associé enregistre les sommes qu'un associé met à la disposition de la société, en dehors de ses apports au capital. Juridiquement, il s'agit d'un prêt : l'associé devient créancier de la société. À la différence d'un apport en capital, il ne confère aucun droit supplémentaire de vote ou de dividende, et il est en principe remboursable.
Le monopole bancaire ne s'oppose pas à ces avances : le Code monétaire et financier autorise les associés détenant au moins 5 % du capital, ainsi que certains dirigeants, à consentir des avances en compte courant.
| Critère | Apport en capital | Compte courant d'associé |
|---|---|---|
| Nature | Fonds propres | Dette envers l'associé |
| Formalités | Assemblée extraordinaire, modification des statuts | Convention entre l'associé et la société |
| Remboursement | Seulement en cas de réduction de capital ou de liquidation | À tout moment, sauf convention de blocage |
| Rémunération | Dividendes éventuels | Intérêts, dans les limites fiscales |
| Droits de vote | Augmentés | Inchangés |
| Rang en cas de procédure collective | Après tous les créanciers | Créancier chirographaire, sauf subordination |
Une avance sans écrit est remboursable à tout moment, à la demande de l'associé. Pour la société, c'est une fragilité : un associé en conflit peut exiger un remboursement immédiat. Une convention écrite précise :
Un compte courant bloqué est souvent assimilé à des quasi-fonds propres par les banques, ce qui améliore la capacité d'emprunt de la société.
Les intérêts versés à l'associé sont déductibles du résultat de la société sous deux conditions principales : le capital doit être entièrement libéré, et le taux ne doit pas excéder un plafond légal, publié chaque trimestre, sauf à justifier qu'un taux supérieur correspond aux conditions du marché. Pour l'associé personne physique, les intérêts perçus sont imposés comme des revenus de capitaux mobiliers.
Lorsque l'associé est dirigeant ou détient plus de 10 % des droits de vote, la convention peut relever du régime des conventions réglementées, qui impose une information ou une approbation des associés.
En cas de procédure collective, l'associé déclare sa créance comme tout créancier. Sauf sûreté, il est chirographaire et passe après les créanciers privilégiés. S'il a accepté une subordination, il est payé après les autres créanciers. Les apports consentis dans le cadre d'une procédure de conciliation homologuée peuvent toutefois bénéficier d'un privilège de « new money ». Romain Waiss-Moreau étudie ces options lorsque l'avance intervient dans un contexte tendu.
Un associé avance 200 000 euros à sa SAS au taux de 6 % par an. Supposons que le taux maximal déductible publié pour la période soit de 5 %.
| Élément | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Intérêts versés | 200 000 € × 6 % | 12 000 € |
| Intérêts déductibles | 200 000 € × 5 % | 10 000 € |
| Fraction réintégrée au résultat fiscal | 12 000 € − 10 000 € | 2 000 € |
La fraction excédentaire n'est pas déductible pour la société, sauf à démontrer qu'un taux plus élevé correspond à ce qu'elle aurait obtenu d'une banque. Les intérêts restent en revanche imposables en totalité pour l'associé. Le taux de référence évoluant chaque trimestre, il doit être vérifié à chaque clôture.
Un associé minoritaire cède ses actions à la suite d'un désaccord et exige le remboursement immédiat des 150 000 euros avancés deux ans plus tôt, sans convention écrite. La société, en pleine croissance, n'a pas cette trésorerie. Faute de clause de blocage, la demande est fondée. La négociation a abouti à un échéancier sur dix-huit mois, assorti d'intérêts. Depuis, le cabinet prévoit systématiquement dans le pacte d'associés que le compte courant d'un associé cédant est remboursé selon un échéancier compatible avec la trésorerie de la société.
Oui, par une augmentation de capital libérée par compensation avec la créance, à condition que celle-ci soit certaine, liquide et exigible. Un arrêté de compte est établi à cet effet.
Sans clause de blocage, oui, à tout moment. C'est pourquoi la convention et, le cas échéant, le pacte d'associés doivent encadrer les conditions de remboursement.
Les contrats de prêt dépassant un certain montant doivent être déclarés par la société à l'administration fiscale lors de sa déclaration de résultats.
Non, il reste une dette. Pour reconstituer des capitaux propres devenus inférieurs à la moitié du capital social, il faut convertir le compte courant en capital, par une augmentation de capital libérée par compensation.
Vous exposez votre projet. À l'issue, vous saurez si l'une des quatre offres est adaptée, ou si nous devons vous orienter ailleurs. FR ou EN, Paris ou New York, confidentiel.